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Cléopâtre : la dernière reine d'Egypte arrive sur les planches
Alors que la comédie musicale débute le 29 janvier prochain, Sofia Essaïdi (Cléopâtre) et Medhi Kerkouche (Ptolémée) évoquent les coulisses de l'évènement signé Kamel Ouali.
Quelle est en quelques mots l'histoire du spectacle ?
Sofia : L'histoire s'arrête déjà aux faits historiques. On raconte la vraie histoire de Cléopâtre, à partir du moment où elle séduit César pour récupérer son trône. Pourquoi ? Parce que son frère, Ptolémée, veut la tuer pour avoir le trône. Donc elle décide de demander à César de l'aide pour tuer son frère. Et on s'arrête à la fin, à la mort de Cléopâtre. Au suicide.
Et parlons de vos personnages. Comment les vivez-vous, les ressentez-vous ?
Sofia : Cléopâtre est une femme très forte, très manipulatrice, qui arrive toujours à ses fins. Donc c'est vrai, c'est marrant de jouer une personne comme ça, tellement sûre d'elle. C'est agréable. Moi, je ne suis pas du tout sûre de moi dans la vraie vie, donc c'est agréable d'être sur scène et d'avoir un personnage aussi grandieuse.
Medhi : Ptolémée est un petit ado. Il a treize ans donc c' est un petit enfant, mais qui est pharaon. Il doit partager le trône avec sa soeur sauf qu'il veut le pouvoir. C'est un petit garçon qui est très capricieux, mais ça reste un enfant qui aime s'amuser, qui a envie se s'amuser, mais malheureusement il est manipulé par tous les gens autour de lui...
Sofia : Mais dans le spectacle, tu en fais quand même quelqu'un d'assez joyeux. C'est ce qui est sympathique. C'est vrai que c'est une tragédie, c'est triste, on va beaucoup pleurer normalement dans ce spectacle, en enfin on espère ! Et c'est vrai que là, d'un coup, il y a un côté frais.
Medhi : J'essaie de garder le côté enfantin de Ptolémée. C'est un petit, il a 13 ans et même s'il est pharaon, il reste un petit enfant.
Et c'est difficile pour toi de jouer un enfant de 13 ans ?
Medhi : Pas du tout (rires) ! Moi, j'ai 22 ans et j'en aurai 23 quand je monterai sur scène pour jouer Ptolémée, donc 10 ans de différence avec mon personnage. Mais comme je suis un gros gamin (rires). Je suis un gros bébé.
Sofia : Il est parfait dans le rôle ! C'est génial ! Il est incroyable !
Comment avez-vous préparé vos rôles ?
Medhi : On a tout lu !
Sofia : Moi, j'ai refusé de lire pendant le casting. Je me disais, j'attends d'avoir une réponse positive pour me lancer dans de vraies recherches historiques. J'ai regardé pendant l'année et demi de castings tous les films, je pense, qui ont été fait sur elle pour m'inspirer : les téléfilms, les films, tout. Et j'ai commencé à lire et à me documenter dès l'instant où j'ai eu la vraie réponse positive. C'était un peu psychologique ou superstitieux, je ne sais pas !
Medhi : Moi, pendant l'année et demi de castings pour Ptolémée, j'ai vu les films. Mais c'est très difficile pour Ptolémée, beaucoup plus que pour Cléopâtre, car c'est un personnage qui meurt vite dans la vie de Cléopâtre, puisqu'elle l'empoisonne...
Sofia : Pourquoi elle l'empoisonne ?
Medhi : parce qu'elle veut le pouvoir !
Sofia : Et pourquoi elle veut le pouvoir ?
Medhi : Parce que je veux le pouvoir (rires) ! C'est beaucoup plus difficile parce que Ptolémée, on en parle beaucoup moins. Donc j'ai lu énormément de bouquins, mais on en parle pas beaucoup. J'ai vu aussi tous les films possibles et inimaginables. On ne se connaissait pas, on a fait connaissance pendant le casting et on s'est rendu compte qu'on avait souvent vu les mêmes choses.
Sofia : Mais je pense qu'on va aussi créer nos propres personnages quand on sera vraiment sur scène. Parce que finalement, on connaît des Ptolémée et des Cléopâtre dans des films et des téléfilms aussi, mais on n'en connaît pas en comédie musicale. Donc on a une certaine liberté pour créer notre propre personnage, car on passa par le biais de la musique, de la mise en scène et de la danse, ce qui fait qu'on a le droit d'inventer un personnage. On se tient à ce qu'on connaît déjà mais on a une liberté supplémentaire. Je pense qu'on aurait beaucoup plus stressé si on avait dû faire un film où là on serait passé derrière des gens déjà merveilleux comme Elizabeth Taylor, Sophia Loren ou toutes ces merveilleuses actrices qui ont joué ce rôle. C'est la première fois, moi je n'ai jamais vu de comédie musicale sur Cléopâtre. Ca peut être sympa, ça va être sympa.
Et concrètement, c'est combien d'heures de répétition par jour ?
Medhi : C'est très compliqué.
Sofia : On n'a pas un schéma normal pour les répétitions, parce que normalement on répète trois mois juste avant le début du spectacle. Nous, pour plein de raisons, on a répété tout le mois d'août et on a recommencé les répétitions mi-décembre. Donc c'est vrai que on est un petit peu stressé par ce côté un peu originale.
Medhi : Moi, je ne suis pas stressé. C'est pas ça qui me stresse.
Sofia : Quand on répète, c'est toute la journée.
Medhi : Là, au mois d'août, on a répété toute la journée. Il y a des soirs en décembre où on est rentré à minuit, une heure du matin chez nous et il fallait être à 8 heures aux répétitions au Palais des sports.
Avez-vous des anecdotes sur les répétitions ?
Sofia : Moi, j'ai eu une petite anecdote (rires). J'ai eu un moment où j'ai un petit peu craqué, ce mois d'août, mais physiquement car je répétais des acrobaties. Je me suis vraiment fait mal et Kamel en avait rien à foutre (rires) ! A tel point que j'avais vraiment des marques partout, j'étais parterre, je pleurais. En général, je me cache quand je pleure. Il en avait rien à foutre, limite il était énervé qu'on n'arrive pas à faire le pas ! Et moi, ça m'avait assez touché et j'avais pleurer un bon coup pour me remettre. C'est le seul moment où j'ai craqué pendant les répétitions, sinon ça s'est vraiment bien passé.
Et pas de dossier sur Kamel Ouali ?
Sofia : Si, je vais t'en donner un : Kamel est la personne la plus saine que je connaisse au monde ! Ca pour moi, c'est un scoop ! Parce que on le voit tellement joyeux, toujours en forme, on se dit : 'mais qu'est-ce qu'il prend ou boit ?'. Il ne boit pas, il ne fume pas. Il ne boit que du Coca Zéro. Pour moi, il est vraiment incroyable, il est doux dans le travail, il est performant. Moi, il m'hallucine, j'ai beaucoup d'admiration pour son travail.
Vous avez le trac avant de monter sur scène ?
Sofia : Ah oui, heureusement !
Medhi : A chaque fois !
Sofia : Ca serait horrible de ne pas avoir le trac, d'aller sur scène comme si on allait au marché, ça serait vraiment dommage. Moi, il y a toujours un truc, qui s'évanouit dès que je suis sur scène. Juste avant d'y aller, c'est un papillon dans le ventre.
Avez-vous des petits trucs, des petites superstitions avant de monter sur scène ?
Medhi : Alors moi avant de monter sur scène, je fais toujours une prière. Parce que je suis croyant, je remercie toujours Dieu de me laisser faire ce que j'aime dans la vie et j'embrasse toujours mon front trois fois, car il n'y a jamais de bois à portée de main. On dit toujours qu'il faut toucher sa tête quand il faut toucher du bois. Mais c'est vraiment de la superstition !
Sofia : Non, il n'est pas fou ! Moi, je me rappelle pendant la dernière tournée que je faisais, j'étais obligé avant d'aller sur scène de boire un thé au thym. Voilà (rires) ! On est un peu fou ! J'avais ce petit truc. Et j'avais aussi ma prof de chant au Maroc qui me faisait boire une ou deux petites gorgées de vin rouge avant d'aller sur scène aussi. J'aime bien cette habitude, c'est sympa en même temps (rires). C'est des petites conneries !
Medhi : Je suis bête avec ma petite prière (rires) !
Sofia : Tu te sens con là, non ? Je suis beaucoup plus grunge (rires) !
Etes-vous anxieux par rapport au succès du spectacle ?
Sofia : Moi, non. Je pense qu'on a déjà assez de stress par rapport à nos rôles et au spectacle en lui-même. On aimerait évidemment, on a tous envie que ça marche, on fait un peu ça pour ça. Mais c'est vrai qu'on a d'abord envie de proposer un beau spectacle et après on verra comment ça va vivre.
Medhi : On a tous à coeur de bien faire les choses, d'offrir au public un très beau spectacle et le succès viendra je pense si on est authentique à ce moment-là. Donc on verra, on touche du bois.
Toi Sofia, la "Star Ac" t'as plutôt aidé ou freiné, car ton premier album a eu un succès un peu mitigé ?
Sofia : Sans ça, je n'aurai jamais sorti cet album qui n'a pas eu de succès ! Je dois tout à la "Star Ac", c'est vrai que ce n'était pas tout le temps facile. Mais la "Star Ac" m'a ouvert toutes les portes et je n'ai rien d'autres qui m'a permis d'entrer dans ce métier là et de connaître les gens. C'est la "Star Ac" qui m'a fait connaître toutes les personnes que je connais au jour d'aujourd'hui. C'est grâce à elle que j'ai réussi à me faire connaître pour avoir ce rôle là, donc non, ça ne m'a absolument pas freiné. En tout cas, je n'ai jamais eu cette impression, peut-être que des projets ne m'ont pas été proposés parce que j'avais fait la "Star Ac", mais comme ils ne m'ont pas été proposés, je ne me rend pas compte. Donc moi, j'ai vraiment l'impression que ça m'a aidé et que sans ça, je serai encore à faire des castings à droite et à gauche pour me faire remarquer. Surtout au jour d'aujourd'hui, c'est vachement dur de s'en sortir. Les maisons de disques ne font plus confiance, sont assez frileuses, ce que je peux comprendre. Sans la "Star Ac", il n'y aurait rien !
Le spectacle commence le 29 janvier. Vous allez tourner jusqu'à quand ?
Sofia : On est à Paris jusqu'en avril. Et on commence la tournée le 7 mai jusqu'à que mort s'en suive.
Medhi : Mon Dieu ! On continuera tant que le public est là. On espère pendant longtemps.
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
Sofia : Moi, j'ai vraiment envie de jongler entre cinéma et musique. Ce serait vraiment mon rêve.
Medhi : Le cinéma ? Ouais, pourquoi pas (rires). Non, moi je suis danseur et chanteur. Je ne sais pas. Pour l'instant, je laisse les choses venir. Je ne me suis jamais posé de questions; Je suis là dans "Cléopâtre" en tant que danseur dans les rôles principaux alors qu'il y a quatre j'étais danseur-stagiaire sur une première comédie musicale. Je laisse les choses venir et on verra.